vendredi 8 août 2008

je suis libre et esclave à la fois




Par la poste, ce matin, un premier jour.
Au premier jour, Claude Parent dessina cette maison des jeunes et de la culture de Troyes. Ce premier jour est le 10 avril 1965.
Je vous donne l'ensemble des informations au dos de la carte :
Fédération Française des Maisons des Jeunes et de la Culture; Maison des jeunes et de la culture de Troyes (Aube)
Conception architecturale : MM. Parent, Georges Patrix, Guy Vacheret.
Cliché d'après Photo Alpha.
Cette carte est éditée à l'occasion du XXème anniversaire des M.J.C.
Je vous donne le texte au dos (ce qui est rare pour une carte premier jour) :
Félicitations, compliments d'une future Terciaire Franciscaine. Ne pensez-vous pas que Johanam serait aussi bon et mieux que Janine ?.... Moi... si- Vous m'avez demandé l'autre jour si j'étais libre ... Maintenant je vous dis que oui à part tout cela je suis libre et esclave à la fois. A moi aussi il m'arrive des drôles d'envies d'émigrer je pense au Portugal à l'Amérique Latine (1) à la Jordanie aux Indes... Enfin tout ce qu'il y a de ... Riche. C'est tout ce que je voulais vous dire avec mon souvenir Amical et très Franciscanisé.
J. Cotentin
(1) Pérou avec votre aide ou celle de l'Abbé Pierre.

A-t-elle réussi son rêve cette sœur franciscaine ?
A chacun son guide, voici ce que dit le nôtre en page 205 :
Caractéristiques : Surface utilisable : 780m2. une salle de théâtre aveugle de 15X15 m et de 250 places. un bâtiment R+1 à structure métallique. Un hall d'accueil. Coût de cette M.J.C prototype : 800 000F.
Le programme de 200 M.J.C attribué à C. Parent permit d'étudier un procédé d'industrialisation basé sur la création d'un système de petits bâtiments combinables entre eux; Pendant ce temps la politique du ministère de tutelle évolua vers la conception du "Club des jeunes" moins coûteux, mais offrant des possibilités d'animation réduites. L'étude aboutit cependant à la réalisation d'un prototype que l'on implanta à Troyes. Il illustre l'une des possibilités d'installation de l'ensemble.

Mais qu'est-elle devenue cette maison ? Aucune trace sur le net. Détruite ? Et sa fonction oblique ?

la plus belle carte postale du monde




Oui je suis enthousiaste. D'abord parce que je reçois ce matin des nouvelles d'Alan Aubry. Puis parce que, et là c'est égoïste, il est bientôt de retour. Enfin, parce que la carte postale qu'il m'envoie est tout simplement la carte postale la plus incroyable que j'ai pu recevoir. Elle offre tous les possibles. Elle est à la fois une carte postale humoristique en hommage aux tableaux primo-avrilesques d'Alphonse Allais, une carte postale que Georges Perec aurait pu faire écrire par Bartlebooth, le monochrome parfait rêvé de Malévitch. Mais surtout, elle est envoyée par Alan. Il l'a vue, choisie et l'a expédiée à mon adresse. C'est le plus beau paysage du monde. Je vais y mettre le Mont Analogue.

mercredi 6 août 2008

Caen encore rime avec toujours





D'autres possibilités de jouer au jeu des 7 erreurs avec ces cartes postales de l'université de Caen et les photographies prises hier lors de notre périple dans cette belle ville.
Je commence avec une carte postale éditée par C.A.P qui précise bien le nom des architectes Bernard et Hur, D.P.L.G. Elle fut envoyée en 1961. Magnifiquement colorisée, je me pose des questions sur cette technique. Quel drôle de métier cela devait être que de découper des caches et de trouver les couleurs sur des photos en noir et blanc !! Le ciel impeccablement lisse et bleu. Au fond on devine une grue. C'est clair, limpide, havrais un peu. L'université cela doit être ça, de la rigueur et de la géométrie sur un terrain plat. On se rapproche un peu avec ce point de vue de la carte postale photographiée par R.J. Pate de Caen. Pas de nom d'éditeur mais sont précisés le nom des architectes et le nom du sculpteur Louis Leygue avec son Phénix Renaissant qui doit être une analogie à la ville de Caen qui renaît après les destructions de la guerre. Toujours la grue. Enfin une carte postale C.A.P du côté gauche éclairé différemment ce qui trouble un peu le dessin de la façade. C'est aussi un cliché un peu flou. La carte fut envoyée en 1960.

mardi 5 août 2008

Il faut commencer jeune.




Aujourd'hui j'ai décidé d'aller en famille à Caen. Mon filleul à l'arrière de la nouvelle Twingo, nous avions comme objectif le château d'eau de Monsieur Gillet, l'église Saint Julien de Monsieur Bernard, le château ducal et Hérouville Saint Clair qui est un concentré d'architectures contemporaines.
Depuis les hauteurs des remparts du donjon, nous avions déjà avec Achille visé l'église Saint Julien construite par Henri Bernard qui a aussi construit l'université de Caen. Elle est belle cette église. Puissante. Secrète aussi puisque fermée au public et c'est bien triste qu'un lieu de culte soit ainsi aussi clos. Mais à chaque fois c'est la même chose, voir ce que l'on a imaginé, comprendre l'environnement, saisir le corps dans l'espace de l'architecture c'est toujours toujours aussi palpitant. Et avec Achille, ce fut magnifique. Il court devant, veut lire le plan, s'émerveille à l'imitation du parrain, se rit de mon enthousiasme et le partage simplement. Alors nous avons cherché le point de vue du photographe de la carte postale, avons constaté la pousse des arbres, et pour Achille, 1970 c'est vraiment vieux. Nous avons cherché des cartes postales pour son frère Jules. Et puis nous sommes partis pour Hérouville mais, là le petit, il a préféré les bandes dessinées et le coca-cola. Mais il a pris le temps de regarder les pavés de Joël Hubaut, projet de l'an 2000, 2000 pavés de verre qui gardent un objet donné par les habitants.
La carte postale est une édition Iris en mexichrome envoyée en 1970.
Merci à Joëlle de nous avoir suivis si gentiment.

lundi 4 août 2008

Claude Balick, architecte 2


Tiré du guide d'architecture contemporaine en France une image du Chesnay, Parly 2.

Claude Balick, architecte






J'ai fait la jonction entre deux lots de cartes postales. Le premier lot nous montre les hameaux de la Roche à Ris-Orangis que nous parcourons surtout pour l'extraordinaire supermarché de Claude Parent. Ici, un petit ensemble résidentiel ressemblant à un coron verdoyant serpente sur un terrain. Les maisons sont en décrochement l'une de l'autre et un petit brise-soleil est visible sur chacune des façades. Les haies sont juste plantées sur des parcelles minuscules. Comment arpente-t-on aujourd'hui cet îlot ? C'est un curieux mélange de pavillon, de modernité et de tradition. Les ouvertures sont grandes et les façades en retrait comme le toit d'ailleurs. Etrange...En tout cas cet ensemble a eu le droit à une belle édition par Draeger en procédé 301 pour les éditions Yvon. Je vous montre le N°3 et 6 de ce qui devait être une série et une carte des éditions Borde en exclusivité de la librairie Daniel Bouxin. Il faut croire que ce hameau était très apprécié pour avoir le droit à autant d'éditions. Cet ensemble est de Claude Balick architecte D.P.L.G nous dit Yvon.
De ce même architecte voici à Fontenay-le-Fleury dans les Yvelines le Parc Montaigne. C'est élégant, un rien chic. Ce n'est pas ébouriffant mais c'est bien dessiné avec un goût pour les matériaux nobles. Tout cela sent le cadre moyen-supérieur. Mais quoi ?
J'ai peu d'informations sur Claude Balick mais notre guide nous donne quelques pistes (un peu longues) sur une opération au Chesnay à Parly 2 :
Si on admet que tout espace, dont la signification émotionnelle ou psychosociale est supérieure à la valeur fonctionnelle, peut être considéré comme un espace sursignifié, alors Parly 2 "la plus belle résidence de France", est aussi le plus bel exemple d'espace "sursignifié" de France.
La commercialisation de cette réalisation immobilière a été axée sur un désir de promotion sociale, de valorisation de l'individu par l'acquisition d'un appartement dans un endroit donné.
Pour cela, on a fabriqué de toutes pièces une image de marque rassemblant la totalité des clichés qui symbolisent les valeurs sociales et morales, les signes extérieurs de bonheur de la classe sociale prise pour cible commerciale. Nationalisme, nostalgie du passé, mythes du moment, ont été employés comme arguments de vente.
Ainsi, Parly 2 offrait des quartiers au nom prestigieux, historiquement ; des matériaux nobles, qui font la "chaleur" d'un logis et le signe extérieur d'aisance ; des appartements à décoration française, classique et bourgeoise ; des drugstore et shopping center, parce qu'acheter tout à n'importe quel prix ne pose plus de problème ; des espaces verts, jouxtant le musée de l'arbre ; des hectares de jardins pour les enfants ; des loisirs, valorisateurs socialement ; et même des esclaves puisque Parly 2 "est une ville où ne travaillent que ceux qui sont là pour vous servir".
Nous n'offenserons personne en ne parlant ni des pelouses interdites aux enfants qui de ce fait jouent sur le bitume, ni de ces mêmes pelouses envahies par les voitures parce que les parkings sont insuffisants, ni des piscines qui n'ont jamais été que "des signes" de piscines, ni de l'absence du tapis de forêt où l'œil devait se poser, ni des appartements de conception architecturale si anodine, ni des carences de l'insonorisation.
C'est très dur... Est-ce la même chose pour Parly 2 et Fontenay ? J'ai un peu peur que oui. Mais aujourd'hui ? Comment vit-on ici et là ?
Monsieur Balick a-t-il fait d'autres projets moins ciblés ?

dimanche 3 août 2008

Edmond Lay à nouveau





Il y a quelque temps maintenant, suite à un article dans ce blog consacré à la caisse d'épargne construite par Edmond Lay au quartier Mériadeck de Bordeaux, Monsieur P. B. m'envoya des images d'autres réalisations de ce grand architecte. Il m'a autorisé à vous les montrer. En voici une sélection qui vous montrera l'étendue des talents de l'architecte qui su tirer un parti certain de l'influence Franck Lloyd Wright.
Que Monsieur B. soit ici remercié chaleureusement pour l'attention portée à ce blog et pour cette possibilité d'en savoir un peu plus. Il faudra prendre la voiture et aller voir tout ça : L'I.R.S.T de Talence, le Navarre de Tarbes.