mercredi 6 août 2008

Caen encore rime avec toujours





D'autres possibilités de jouer au jeu des 7 erreurs avec ces cartes postales de l'université de Caen et les photographies prises hier lors de notre périple dans cette belle ville.
Je commence avec une carte postale éditée par C.A.P qui précise bien le nom des architectes Bernard et Hur, D.P.L.G. Elle fut envoyée en 1961. Magnifiquement colorisée, je me pose des questions sur cette technique. Quel drôle de métier cela devait être que de découper des caches et de trouver les couleurs sur des photos en noir et blanc !! Le ciel impeccablement lisse et bleu. Au fond on devine une grue. C'est clair, limpide, havrais un peu. L'université cela doit être ça, de la rigueur et de la géométrie sur un terrain plat. On se rapproche un peu avec ce point de vue de la carte postale photographiée par R.J. Pate de Caen. Pas de nom d'éditeur mais sont précisés le nom des architectes et le nom du sculpteur Louis Leygue avec son Phénix Renaissant qui doit être une analogie à la ville de Caen qui renaît après les destructions de la guerre. Toujours la grue. Enfin une carte postale C.A.P du côté gauche éclairé différemment ce qui trouble un peu le dessin de la façade. C'est aussi un cliché un peu flou. La carte fut envoyée en 1960.

mardi 5 août 2008

Il faut commencer jeune.




Aujourd'hui j'ai décidé d'aller en famille à Caen. Mon filleul à l'arrière de la nouvelle Twingo, nous avions comme objectif le château d'eau de Monsieur Gillet, l'église Saint Julien de Monsieur Bernard, le château ducal et Hérouville Saint Clair qui est un concentré d'architectures contemporaines.
Depuis les hauteurs des remparts du donjon, nous avions déjà avec Achille visé l'église Saint Julien construite par Henri Bernard qui a aussi construit l'université de Caen. Elle est belle cette église. Puissante. Secrète aussi puisque fermée au public et c'est bien triste qu'un lieu de culte soit ainsi aussi clos. Mais à chaque fois c'est la même chose, voir ce que l'on a imaginé, comprendre l'environnement, saisir le corps dans l'espace de l'architecture c'est toujours toujours aussi palpitant. Et avec Achille, ce fut magnifique. Il court devant, veut lire le plan, s'émerveille à l'imitation du parrain, se rit de mon enthousiasme et le partage simplement. Alors nous avons cherché le point de vue du photographe de la carte postale, avons constaté la pousse des arbres, et pour Achille, 1970 c'est vraiment vieux. Nous avons cherché des cartes postales pour son frère Jules. Et puis nous sommes partis pour Hérouville mais, là le petit, il a préféré les bandes dessinées et le coca-cola. Mais il a pris le temps de regarder les pavés de Joël Hubaut, projet de l'an 2000, 2000 pavés de verre qui gardent un objet donné par les habitants.
La carte postale est une édition Iris en mexichrome envoyée en 1970.
Merci à Joëlle de nous avoir suivis si gentiment.

lundi 4 août 2008

Claude Balick, architecte 2


Tiré du guide d'architecture contemporaine en France une image du Chesnay, Parly 2.

Claude Balick, architecte






J'ai fait la jonction entre deux lots de cartes postales. Le premier lot nous montre les hameaux de la Roche à Ris-Orangis que nous parcourons surtout pour l'extraordinaire supermarché de Claude Parent. Ici, un petit ensemble résidentiel ressemblant à un coron verdoyant serpente sur un terrain. Les maisons sont en décrochement l'une de l'autre et un petit brise-soleil est visible sur chacune des façades. Les haies sont juste plantées sur des parcelles minuscules. Comment arpente-t-on aujourd'hui cet îlot ? C'est un curieux mélange de pavillon, de modernité et de tradition. Les ouvertures sont grandes et les façades en retrait comme le toit d'ailleurs. Etrange...En tout cas cet ensemble a eu le droit à une belle édition par Draeger en procédé 301 pour les éditions Yvon. Je vous montre le N°3 et 6 de ce qui devait être une série et une carte des éditions Borde en exclusivité de la librairie Daniel Bouxin. Il faut croire que ce hameau était très apprécié pour avoir le droit à autant d'éditions. Cet ensemble est de Claude Balick architecte D.P.L.G nous dit Yvon.
De ce même architecte voici à Fontenay-le-Fleury dans les Yvelines le Parc Montaigne. C'est élégant, un rien chic. Ce n'est pas ébouriffant mais c'est bien dessiné avec un goût pour les matériaux nobles. Tout cela sent le cadre moyen-supérieur. Mais quoi ?
J'ai peu d'informations sur Claude Balick mais notre guide nous donne quelques pistes (un peu longues) sur une opération au Chesnay à Parly 2 :
Si on admet que tout espace, dont la signification émotionnelle ou psychosociale est supérieure à la valeur fonctionnelle, peut être considéré comme un espace sursignifié, alors Parly 2 "la plus belle résidence de France", est aussi le plus bel exemple d'espace "sursignifié" de France.
La commercialisation de cette réalisation immobilière a été axée sur un désir de promotion sociale, de valorisation de l'individu par l'acquisition d'un appartement dans un endroit donné.
Pour cela, on a fabriqué de toutes pièces une image de marque rassemblant la totalité des clichés qui symbolisent les valeurs sociales et morales, les signes extérieurs de bonheur de la classe sociale prise pour cible commerciale. Nationalisme, nostalgie du passé, mythes du moment, ont été employés comme arguments de vente.
Ainsi, Parly 2 offrait des quartiers au nom prestigieux, historiquement ; des matériaux nobles, qui font la "chaleur" d'un logis et le signe extérieur d'aisance ; des appartements à décoration française, classique et bourgeoise ; des drugstore et shopping center, parce qu'acheter tout à n'importe quel prix ne pose plus de problème ; des espaces verts, jouxtant le musée de l'arbre ; des hectares de jardins pour les enfants ; des loisirs, valorisateurs socialement ; et même des esclaves puisque Parly 2 "est une ville où ne travaillent que ceux qui sont là pour vous servir".
Nous n'offenserons personne en ne parlant ni des pelouses interdites aux enfants qui de ce fait jouent sur le bitume, ni de ces mêmes pelouses envahies par les voitures parce que les parkings sont insuffisants, ni des piscines qui n'ont jamais été que "des signes" de piscines, ni de l'absence du tapis de forêt où l'œil devait se poser, ni des appartements de conception architecturale si anodine, ni des carences de l'insonorisation.
C'est très dur... Est-ce la même chose pour Parly 2 et Fontenay ? J'ai un peu peur que oui. Mais aujourd'hui ? Comment vit-on ici et là ?
Monsieur Balick a-t-il fait d'autres projets moins ciblés ?

dimanche 3 août 2008

Edmond Lay à nouveau





Il y a quelque temps maintenant, suite à un article dans ce blog consacré à la caisse d'épargne construite par Edmond Lay au quartier Mériadeck de Bordeaux, Monsieur P. B. m'envoya des images d'autres réalisations de ce grand architecte. Il m'a autorisé à vous les montrer. En voici une sélection qui vous montrera l'étendue des talents de l'architecte qui su tirer un parti certain de l'influence Franck Lloyd Wright.
Que Monsieur B. soit ici remercié chaleureusement pour l'attention portée à ce blog et pour cette possibilité d'en savoir un peu plus. Il faudra prendre la voiture et aller voir tout ça : L'I.R.S.T de Talence, le Navarre de Tarbes.

vendredi 1 août 2008

Royan, j'arrive






C'est l'amour fou.
C'est l'inverse des derniers messages de ce blog. C'est un plan d'urbanisme intelligent, ce sont des chefs-d'œuvre d'architecture. C'est une vraie leçon.
Alors je vous rabâche les yeux, et pour certains les oreilles avec cette ville pourtant en partie défigurée par un laisser-aller commercial et politique (tiens, ça va ensemble...) qu'il faudra bien reprendre en main un jour. Qui aura le courage de chasser les marchands du temple sous les bâtiments du front de mer ?
Mais Royan prend conscience depuis peu de ce qu'elle est. Il semble qu'un renouveau se fait jour. La restauration de Notre-Dame et du marché couvert, le projet de remettre le palais des congrès dans son état d'origine, projet que j'aimerais tant voir et suivre, sont des signes de ce renouveau. Il faudra encore se demander si la Poste, la maison Prouvé, et les nombreuses villas 1950 ne continueront pas à être dégradées, oubliées. Mais Royan ouvre son musée. Il est petit mais dénote de l'intention d'un vrai regard sur le patrimoine. On peut y voir des maquettes, photographies et des expositions sur les années cinquante. C'est modeste mais de qualité avec un vrai accueil. Le bâtiment qui l'abrite vaut à lui seul la visite. Il est situé à Pontaillac. On peut y trouver... des cartes postales de Royan dans une très belle série intitulée architecture Royan 50 aux éditions Bonne Anse. Il faudra poursuivre cette série.
Je vous montre donc : le musée lui-même qui se tient dans l'ancien marché de Pontaillac. La vue de nuit permet de saisir la structure légère et élancée comme un papillon du bâtiment. La restructuration est remarquable, voilà un bel exemple de ce que le renouveau royannais pourrait produire de meilleur. Bravo. L' architecte est Monsieur Basalo et l'ingénieur Monsieur Bancon. La construction est de 1958.
La deuxième carte est une image de la si célèbre villa "grille-pain". Chaque fois que je vais à Royan, je passe la voir. J'ai l'impression que je vais rencontrer Monsieur Arpel ou son beau-frère Monsieur Hulot. Elle fut dessinée par Monsieur Marmouget qui fit tant de belles choses à Royan.
Enfin la dernière carte nous montre les brise-soleil de l'îlot 83. Toujours de Monsieur Marmouget c'est aussi une icône de Royan mais une icône un peu cachée et pas en très bon état. J'espère que depuis ma dernière visite cela s'est amélioré. C'est un peu avec cette construction que l'on peut voyager vers Brasilia...
Merci à Monsieur Antoine-Marie Préaut pour toutes les informations contenues dans son indispensable guide architectural Royan 1950 aux éditions Bonne Anse décidément si admirablement présente. Cet ouvrage est un beau guide et un beau livre pour parcourir, découvrir et aimer Royan. Un travail revigorant et préfigurant un retour possible d'un goût pour ce patrimoine.
N'oubliez pas la visite du musée de Royan :
INFOS PRATIQUES:
Musée de Royan / (Ancien marché-Pontaillac)
31, avenue de Paris
17200 Royan
Ouvert tous les jours sauf le mardi.
Tél./Fax : 05.46.38.85.96

jeudi 31 juillet 2008

cités et jardins, la double pente





Afin de poursuivre la série sur le pavillonnaire, j'ai cherché dans ma collection des exemples de l'étalement de ce type d'urbanisme. J'habite dans une ville assez caractéristique du genre qui n'a eu comme logique d'urbanisme que la constitution de lotissements souvent en cul-de-sac et qui produisent un enchevêtrement où l'espace public et l'espace privé deviennent difficiles à situer. (Saint Pierre-lès-Elbeuf)
Les champs agricoles et les parcelles maraîchères, voire les cours de fermes deviennent des terrains à bâtir des pavillons identiques, c'est à dire marron sur les bords. Et comme les normands aiment bien leur chez-eux, ils montent des haies de thuyas à 3m autour créant ainsi de véritables canyons verts, qui représentent une incroyable fermeture du paysage un bétonnage d'un autre type. C'est épouvantable. Le pire c'est que cela gagne encore du terrain. A proximité, il suffit de parcourir la plaine de Criquebeuf qui se bouche ou encore plus spectaculaire, les sorties de Pont-de-l'Arche devenues un parfait registre de la teinte marron brun faux chêne que l'on retrouve dans les intérieurs des maisons. Une collection de maisonnettes de promoteurs cernées de remparts de thuyas. C'est grave. Voyez la magnifique et si parlante série de photographies que Monsieur Alan Aubry a consacré à ce phénomène (citadelles). Entre ces parcelles, et parfois sur les plus beaux terrains (Saint Pierre-lès Elbeuf) les mairies laissent se monter les boîtes à chaussures commerciales quand il ne s'agit pas de boîtes à chaussures pour les loisirs. Comme le boulodrome de Saint Pierre-lès-Elbeuf magnifique et si représentatif d'une architecture en déliquescence. Il est inutile et en plus il est laid. Il ne sert qu'à occuper le terrain pour empêcher les gens du voyage d'y venir deux fois par an. Le chanteur qui lui a donné son nom a eu la lucidité de mourir le jour de son inauguration. Qu'il en soit ici remercié.
Je n'ai malheureusement pas de cartes postales du phénomène saint-pierrais. Il faudra les faire. Alors je vous montre :
Une carte postale promotionnelle des maisons DBF à Vélizy-Villacoublay dont les prix en francs font rêver puisque la Castelaine, la plus grosse est à 146.000 francs !!! existent-elles encore au village des florélites à Montlhéry ces maisons ?
Admirons le style, l'intelligence du dessin et le remarquable attachement à la modernité. Et puisque c'est sans concession, c'est aussi sans architecte !
Puis à Quimiac plage le lotissement des Lagerstroemias nous montre un style empreint de régionalisme avec pierres apparentes dans les coins et couverture bleue en ardoise. C'est un peu mieux, disons que ça sent le solide et l'investissement. Le parasol jaune et orange est obligatoire ! L'architecte est nommé, c'est Monsieur Grou. C'est une carte postale des éditions Chapeaux. A Sotteville, que vous visiterez surtout pour son centre ville dessiné par Marcel Lods, vous ne manquerez pas d'aller voir ce qu'est devenu la Résidence (sic!) "Le clos de Sotteville". Il s'agit là aussi d'une carte promotionnelle de la Maison Familiale à Saint Etienne-du-Rouvray. On nous apprend que ce modèle a été conçu avec le concours de Messieurs Godin et Pougnet architectes. Je crois que malgré cette indication cette carte restera dans le classeur cartes postales ennuyeuses...
Poursuivons avec une vue de Houplines dans le nord et la Résidence Baccara. C'est calme, fleuri. Le photographe de chez Combier a beaucoup aimé le bitume. L'absence de clôture fait un peu respirer l'ensemble. Est-ce encore le cas aujourd'hui ?
La carte fut expédiée en 1979 par André qui habite là. Beaucoup de triangles dans cette composition...
Tu la voyais pas comme ça frérot
doucement ta vie t'a mis K.O...