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mercredi 4 mai 2011

la fonction oblique à Rouen

Bien bien bien.
Hier nous avons poursuivi la construction des praticables à l'oblique. Mais suite à une décision de baisser la hauteur du grand tremplin nous avions oublié que cela occasionnerait obligatoirement une descente de la structure et donc... que nous risquions de nous manger les bastings.
Cela fut un peu difficile car nous avions coupé les planches en longueur mais aussi préparé les angles.
Après avoir réfléchi longuement devant cette difficulté, et sous l'impulsion de Jean-Paul et Marc qui ne rechignent pas au travail, j'ai décidé que nous devions tout reprendre...
C'est dans ces moments-là que l'on sait si on travaille avec des personnes disponibles ou pas !
Car cela n'était pas un mince travail de tout re-dimensionner, recalculer.
Enfin aujourd'hui nous avons monté de nouveau ce grand tremplin avec sa nouvelle hauteur. Il est presque terminé. La pente est déjà belle et l'espace dessous est très surprenant. Je vous donne quelques images de ce montage.
Il faut vraiment redire la grande patience de mes compagnons du devoir oblique : merci Marc, merci Jean-Paul.
Et Thomas, dans la tranquillité d'une sorte de tapis volant fait d'une bâche bleue en plastique, continue dans un silence discret à peine perturbé par nos tracas à faire ses très beaux dessins.
Tranquille, je vous dis, tranquille.

ajustement des pieds par Marc.

la maquette toujours sous les yeux est vraiment une référence.

Jamais je ne me serai autant soucié des angles !

L'articulation des deux pentes.

Marc installe avec précision le basting de pente.

Jean-Paul et Marc posent le sol-plafond du praticable.

bientôt totalement fermé.

Marc m'a fait fabriquer cet outil en carton pour des écarts parfaits.

Le bras de Jean-Paul au repos...


mardi 30 novembre 2010

Messieurs Beaudoin et Lods en plein air


Il s'agit sans aucun doute d'une des pièces maîtresses de ma collection.
d'abord par l'objet architectural en question : l'école de plein air de Suresnes par Marcel Lods et Eugène Beaudoin architectes.
Puis par l'objet éditorial : un carnet de cartes postales parfaitement éditées.

Pour le premier :
L'école de plein air permanente est le lieu où l'expérience hygiéniste et progressiste est la plus aboutie.
Partout l'attention est portée à la lumière et à l'espace, et l'architecture semble au propre comme au figuré se plier à ces exigences finalement bien... naturelles.
L'idée c'est l'épanouissement de l'élève par un rapprochement physique avec les éléments et en même temps son instruction dans une sorte de havre de paix en dehors de la vie urbaine.
Toutes les cartes postales de ce carnet nous montrent parfaitement ce glissement toujours possible entre un espace intérieur et un espace extérieur. On ne sait plus si c'est la nature (un parc...) qui pénètre l'école ou au contraire l'école qui cherche à s'étendre.
Cette indifférenciation nous l'avions déjà un peu perçue dans la carte postale de l'appartement de la Cité Radieuse ici.
Pour faciliter ce glissement les architectes Beaudoin et Lods ont multiplié les cheminements et brisé les murs en des paravents géants. En quelque sorte, l'architecture devient mobilier de jardin que l'on déplace à son gré et à celui des enseignants.
Ce que les photographies ne disent pas c'est le vent léger qui soulève les pages des cahiers, les guêpes qui franchissent les abords et menacent gentiment les enfants et les sons extérieurs venant visiter à leur tour les classes.
Mais aussi la visibilité toujours des uns et des autres, le spectacle de chacun jouant ainsi son rôle parfaitement sous les yeux de tous... La transparence...
Reste une expérience certainement à ce point unique, belle dans sa facture, idéale dans son rêve.
Qui nous racontera sa vie d'enfant dans ces lieux ?
Quel instituteur ou institutrice nous dira comment mettre au coin un élève récalcitrant dans un parc arboré ?
Je plaisante.
Mais si on regarde les images, on ne peut que regretter je crois de ne pas avoir eu ainsi de pataugeoire, de belle planète géante pour apprendre le monde, de bain de soleil pour prendre des couleurs en attendant les vacances.
Si les images disent vrai parfois, alors ici on entend les rires des enfants, on sent les cerisiers en fleur en faisant sa dictée, on voit son petit frère au loin prendre son bain de soleil.
Tiens, si nous reconstruisions une école de la sorte...
Pour ce qui est de l'édition, le carnet est en véritable photographie et René Gallois éditeur a fait œuvre ici bien plus qu'une simple édition populaire d'un véritable reportage sur la vie de l'école.
Quasiment toutes les cartes sont animées et on ne sent pas les poses. Il semble que le programme des architectes fut bien à l'œuvre. On n'oubliera pas de regarder le très beau mobilier scolaire qui serait également l'œuvre des architectes. Tout à l'unisson...
Parfois quelques regards sont tournés vers le photographe mais ils sont surpris.
C'est simplement magnifique de vie, d'espoir et d'utopie réalisée.























lundi 30 août 2010

Marcel Lods : rigueur Belfort



J'ai d'abord vu cette carte postale montrant l'intérieur de l'église Sainte Jeanne-d'Arc de Belfort.
Cet immense vide rempli d'une lumière parfaitement dosée venant comme transpercer les lames de béton à gauche m'a impressionné.
Mais surtout l'espace.
La hauteur accentuée par les verticales et par le dessin du chœur en grille ainsi que le mur totalement nu à droite semblant sous l'effet de la perspective comme se pencher un peu vers l'intérieur font vraiment ici sensation.
Evidemment le noir et blanc libère aussi l'image et en quelque sorte la dénude encore plus.
Quel calme !
On entend presque l'écho de nos pas résonner dans le lieu et le petit éclat de lumière extrêmement dur et précis venant mystérieusement du dehors et surplombant l'autel ajoute certainement à l'effet de recueillement et de silence.
Une parfaite leçon d'éclairage, de jeux de lumière et de sa diffusion jouant parfois d'une grande netteté et parfois au contraire la laissant comme filtrer doucement. Pour mesurer cette douceur, regardez le magnifique dégradé de la lumière sur le sol de l'église allant d'un blanc pur à gauche à un noir profond à droite au pied du grand mur tout en passant par toutes les valeurs du gris.
Splendide, tout simplement.
Nous n'avons malheureusement sur ce magnifique document pas le nom de l'architecte Monsieur Marcel Lods ni le nom de l'éditeur ni encore celui du photographe qui a pourtant fait ici un travail remarquable.
Mais juger ainsi d'un espace par rapport à une image est toujours une difficulté. Et l'architecture se vit toujours mieux dans son arpentage que dans sa représentation.
D'ailleurs je retrouve cette difficulté à cerner un objet architectural dans les images de cette église imprimées dans le numéro d'Architecture d'Aujourd'hui d'avril 1957. A cette époque, la célèbre revue soucieuse certainement de faire de son mieux pour que le lecteur lointain de l'objet architectural puisse tout de même en cerner ses espaces n'hésitait pas dans un même article à faire jouer ensemble des plans, des photographies de maquette, des détails et même d'étranges dessins d'une grande beauté permettant de combler le vide de la représentation photographique ou plus simplement sa relativité objective.
Le lecteur en tout cas faisait glisser son œil de l'un à l'autre et remplissait les interstices et les manques par son éducation architecturale, ses rêves et certainement aussi ses frustrations d'espaces.
Tout cela, je le dis un peu amèrement, a un peu disparu de la nouvelle mouture d'Architecture d'Aujourd'hui.
Voyez ici les images de l'article de l'époque :






Pour finir une autre carte postale de cette église Sainte-Jeanne-d'Arc de Belfort qui ne nous donne pas là non plus de nom d'éditeur ni de photographe mais nous donne le nom de l'architecte Marcel Lods :


On retrouve les beaux pans de béton striant la façade, le jeu des volumes se décrochant les uns les autres au rythme des programmes et l'effet cinétique de ses jeux de claustras entre le campanile et la façade.
On retrouve dans cet exemple l'extrême rigueur de Marcel Lods sachant parfaitement mettre le programme sur la table, réglant ses nécessités avec une économie formelle faisant travailler le matériau à l'essentiel et révélant ainsi que les matières principales de son architecture sont la lumière, la gestion des espaces intérieurs et extérieurs et comment ceux-ci sont traversés, construits, protégés ou révélés par cette lumière.

dimanche 27 septembre 2009

La belle politesse de la maison Gailhoustet


Disons qu'il y a des moments dans la vie où l'on traverse le miroir.
Samedi, vers 10h du matin je prenais ce chemin en suivant Jeanne Gailhoustet.
Elle m'a guidé avec beaucoup de générosité et avec amitié dans la ville d'Ivry-sur-Seine dessinée en grande partie par Renée Gailhoustet sa mère et bien entendu par Jean Renaudie dont j'ai déjà chanté mon admiration.
D'abord en haut de la tour Raspail viser le merveilleux panorama et l'accueil chaleureux de Areski Aoun qui y occupe un atelier logement. Monter sur le toit-terrasse c'est un moment extraordinaire. La ville y est superbe. Nous sommes alors dans un espace qui, à l'origine, était un grand atelier pour les enfants. Jeanne me raconte alors comment les enfants occupaient joyeusement l'espace, montant dans les étages comme dans les rues d'un village. Et son regret de la vue depuis ce lieu où elle passa une partie de son enfance.
Il est très difficile de dire à quel point ce lieu est incroyable. Seule l'expérience de la Cité Radieuse est équivalente même si ici l'espace est moins grand. C'est un espace d'émotion simple, celle des espaces ouverts : montagne mer avion et aussi jardin.
Nous redescendons laissant Areski et un arbre pour Renée. Vite allons voir chez Andrea Mueller un appartement dans les "Renaudie". Une fois de plus l'accueil est chaleureux. On m'explique tout, même les trous d'aération dans le châssis des fenêtres !
Les terrasses sont plantées et belles. Andrea m'indique que finalement si elle ne s'y installe pas réellement c'est simplement parce que les ouvertures sont si grandes qu'on a le sentiment même à l'intérieur d'être dehors, il suffit de faire coulisser les fenêtres et hop !
Le cheminement dans l'appartement pallie ce qui pourrait apparaître comme un manque d'espace. Certes les chambres sont petites mais l'agencement du plan produit des perspectives et des trajets toujours renouvelés. Partout la verdure et le silence aussi.
Il faut reconnaître que Andréa a su (elle est architecte) tirer un bon parti du logement en dégageant certaines cloisons. Vivre là...
Puis enfin le Liégat.
Visite cette fois d'un grand appartement-atelier qui devait à l'origine servir pour une activité artisanale ou de commerce. C'est immense, sur trois niveaux. J'essaie de me repérer, de trouver le plan vu dans les ouvrages et l'organisation par hexagones de Renée Gailhoustet. Mais je n'y arrive pas tant les formes paraissent libres, ouvertes.
A nouveau on circule, glisse et toujours on est surpris de saisir ici une terrasse, là un autre niveau un peu comme dans une maison de campagne. Bien loin de ma machine à habiter Phénix avec son couloir central et les pièces de chaque côté !
Là aussi la porte s'est ouverte très gentiment. On nous laisse regarder, on nous parle de sieste à hauteur d'herbe... Car, oui c'est une découverte pour moi, en fait le niveau du sol des appartements est très sensiblement en dessous (25 cm ?) du niveau des terrasses. Ce qui produit une marche assez haute pour y accéder et donc couché dans son lit, oui, l'œil glisse sur la végétation...
Puis enfin, Jeanne m'emmène vers l'appartement de Renée. C'est un moment toujours toujours à la fois émouvant et drôle lorsque on peut ainsi rencontrer des personnes qu'on ne connaît et admire que par photographies, textes ou même la voix.
On arrive par le niveau 1, niveau avec chambre et terrasse et il faut encore quelques marches pour trouver Renée qui nous reçoit.
C'est, pour moi, un beau moment.
Mais vite, on me met à l'aise. Vite on me fait comprendre qu'ici c'est simple. J'évoque ma lecture de l'excellent La Politesse des maisons (vous ne l'avez pas lu ? Mais dépêchez-vous !)
Nous nous asseyons à la grande table et nous discutons de quelques petites notes soulignées dans mon exemplaire.
Marcel Lods, Team 10, Faugeron, et Claude Parent.
Et puis le repas s'organise, les invités arrivent et nous dévorons un saumon entier, l'œil blafard finissant ainsi sa vie sous une décoration de fleurs dans une ambiance chaleureuse.
L'appartement de Renée est exactement comme la description qu'elle en fait dans le livre. Je suis étonné d'être là mais pas surpris des espaces que finalement je n'avais pas eu autant de mal à comprendre en regardant le plan. Oui, on retrouve bien là aussi cette sensation de longueur et de cheminement. Oui, partout l'appartement est entouré de terrasses ou de vues sur celles des voisins. On oublie totalement que nous sommes en ville, en banlieue parisienne. Partout des percées et des points de vue.
Le jardin est superbe. Sauvage et ordonné. Libre. J'oublie qu'il est le toit d'un appartement en dessous. Incroyable.
Mais il faut reprendre le train.
Je m'aperçois alors que je n'ai pas fait de photographies de ce moment. C'est bon signe. Pas le temps. Il y aura mieux à faire que de se plonger dans des clichés et il me faudra plonger dans mes souvenirs. C'est bien mieux.
Merci à Jeanne pour l'organisation sans faille de ma promenade, pour cette disponibilité. Merci encore aux habitants, tous heureux de montrer leurs lieux. Merci à Benedicte Chaljub pour son ouvrage.
Et Merci Renée pour votre gentillesse et simplicité et surtout, surtout pour votre travail remarquable. J'aime apprendre ainsi.
Et puis totalement par hasard, ce matin en allumant la radio, j'ai le plaisir de reconnaître votre voix dans l'émission vivre sa ville. http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/vivre_ville/
Une nouvelle fois, la chance nous est donnée de comprendre qu'il est possible de faire du logement social intelligent.
Je conseille à tous (vous me suivez les étudiants ?) de télécharger cette émission et de lire La Politesse des maisons.
Alors, je n'ai pas de cartes postales à mettre sur ce blog. Juste quelques photographies que voici mais c'est si simple de prendre le métro jusqu'à Ivry et d'ouvrir très grands les yeux.

La Politesse des maisons
Renée Gailhoustet, architecte
Bénédicte Chaljub
L'impensé
ACTE SUD
isbn 978-2-7427-8227-7
22 euros












dimanche 10 mai 2009

Tatooine, Tataouine

Georges Lucas a offert aux gens de ma génération l'occasion d'avoir leur main dans la main de leur père pour aller au cinéma voir "La Guerre des étoiles".
Ce cinéma vous le connaissez c'est celui d'Elbeuf, belle boîte de verre et de fer de Marcel Lods.
Le génie de Lucas fut son équipe et son sens de l'économie.
Un exemple remarquable pour ce qui concerne ce blog c'est la manière dont il a su mêler les influences, faire de lieux étrangers des lieux étranges.
On dit qu'à la recherche de décors pour la planète désertique sur laquelle Luke Skywalker fut élevé par son oncle, il aurait beaucoup aimé Matmata (Matmatha). Cette ville enterrée, faite de trous troglodytes habités, devient la ferme ou Luke jeune homme rêve de rejoindre la Rébellion. Le soir, les deux soleils se couchent sur l'horizon lointain.
En Tunisie, un seul soleil, très chaud et donc des gens qui vivent pour s'en protéger dans des trous aménagés. C'est une idée remarquable d'économie. Lucas en acceptant de filmer ici retourne l'idée du décor, Il ne construit pas ou peu mais aménage des trous d'autochtones ! Summum de l'étrangeté, j'entends pour nous enfants occidentaux, il suffira de quelques bouts de cartons et l'affaire est jouée. Une tempête de sable emportera le tout.
D'ailleurs il faudrait aller voir ces lieux. Ils doivent être nombreux les fans qui se rendent là-bas. Mais j'aimerais en savoir plus sur la manière dont on vit dans ce genre de lieu. Le toit c'est la rue, la place, et là ça nous rappelle quelqu'un... Mais je ne vois pas de pentes ici pour descendre dans les maisons mais des escaliers. Les cours sont donc à la fois très intimes et totalement ouvertes. J'imagine qu'il doit y avoir dans les familles des histoires drôles et des commérages générés par cette situation. Cela forme une ville bien loin de nos habitudes. De notre point de vue, homme debout sur le sol cette ville n'existe pas ! C'est un peu comme dans le métro soudain vous prenez conscience que vous êtes dans un tube, qu'il y en a un au-dessus et un en dessous avec des gens comme vous qui attendent. Voir le très beau film" les Gaspards" de Pierre Tchernia dans lequel des parisiens pour échapper à la vie moderne et frénétique décident d'investir les métros, galeries de carrières abandonnées et catacombes. Il me faudra le revoir.
On dit aussi que Georges Lucas à la recherche d'un nom pour cette planète se rappela du nom de Tataouine à proximité. Avec la fatigue, la chaleur et l'accent américain cela devint Tatooine...
Je me souviens de mon effarement lorsque j'appris que ce lieu existait réellement. A la fois l'envie d'y aller et une forme de déception, le génie n'avait pas tout inventé. Mais on peut aussi dire que c'est là son vrai génie.
Quand Marcel Lods, Pierre Tchernia et Georges Lucas se rencontrent, je crois que c'est autour de cartes postales !
Voici donc deux cartes postales de Matmata orthographiée ainsi au verso, il s'agit d'éditions Chaman à Tunis. Pas de date, donc difficile de savoir si Georges Lucas a pu en expédier de telles à sa famille !


Et quelques images du tournage et du film. Admirons la plongée du micro du perchiste !

Regardez comment avec une sculpture étrange servant à la culture "hydroponique" (sic) on fait d'un lieu réel une entité imaginaire...

l'équipe de tournage en pique-nique.

Luke Skywalker essaie de convaincre son oncle qu'il doit partir pour rejoindre la Rébellion. Est-il encore possible de se procurer la merveilleuse vaisselle blanche ?