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dimanche 10 juin 2012

Nicolas Moulin, une donation Volume 2

Reprenons de suite l'exploration de cette donation.
Et reprenons en n'oubliant pas que c'est un artiste qui nous envoie ces cartes postales. On pourrait ainsi, l'air de rien, remarquer et isoler un petit groupe de cartes postales provenant d'une ville qui fut importante pour ce dernier puisque c'est celle de son école des Beaux-Arts : Cergy !
Ce n'est donc certainement pas un hasard que Nicolas Moulin ait pu posséder des images de cette ville. Les a-t-il achetées sur place pendant sa formation ? Forment-elles une sorte de corpus nostalgique ? Sont-elles simplement des cartes postales comme les autres ?
On ne peut en tout cas mettre de côté le fait que l'image d'une telle ville et ce type de représentation soient un signe de son travail presque un contre-pied à celui-ci !
Et vlan !



Cette carte postale Lyna nous montre donc Cergy dans une vue générale bien axée. Au premier plan les constructions de Bofill qui n'arrive pas depuis ce point de vue à camoufler les tuyauteries extérieures. Les corniches moulées ici ne servent à rien ! On voit une ville encore en construction et une grue s'amuse elle, à se désaxer derrière la pendule ! Sans doute que d'ici, le photographe des éditions Lyna, Paul Viard, voulait nous dire la densité de l'urbain et l'horizon campagnard...
Descendons un peu...



...Même éditeur et toujours Monsieur Viard comme photographe pour cette carte postale qui nous montre la Place du Marché et la Mairie de Cergy. Le Photographe, bien campé sur ses deux pieds, se place exactement dans l'axe évoqué plus haut. Quelque chose d'italien, quelque chose de Sienne dans une géométrie dure pourtant adoucie par une coloration pierreuse blonde et chaude. Il faudrait enlever les parasols et les chaises en plastique, les géraniums toujours inutiles pour trouver un point de vue digne d'une cité idéale vide, parfaite, presque terrifiante.
Malheureusement la pendule dans son design digne d'une swatch trouvée dans un leader price brise un rien cette capacité onirique. Nicolas Moulin, assis en terrasse, a dû un jour de mai un peu chaud, lire ici l'autobiographie de Claude Parent et s'éveiller encore un peu plus à l'espace qui l'entourait. La prise de conscience dans un lieu tel que celui-ci est redoutable, troublante et motrice.
Il a alors marché, le nez au vent, regardant le ciel au travers...



...des jeunes arbres chétifs. Il a compris, son corps passant dans la Place de la Fontaine que les espaces qu'il aimait il devrait bien plus souvent les inventer que les parcourir. Et la brique encore, le béton moulé encore, et les messieurs sérieux qui vivent là lui donnèrent à jamais l'envie d'être celui qui fabrique, qui manipule, qui génère ses lieux. Il a levé la tête. Novomond. Il a levé la tête et l'horizon presque seul a basculé.
Les formes grandes des architectures, les formes sont devenues étranges, inconnues et de nouveau...



...elles s'offraient comme des sculptures, hors d'un programme utile : déprogrammées. La préfecture de Cergy devenait aztèque, perse, babylonnienne comme tombée là. Il voulait arracher les fleurs, piétiner l'inutile décorum, faire venir la terre rouge. Il voulait être seul devant son soudain éclaircissement. Tout était à la fois clair et confus. Il voulait le réel comme point d'appui...



...il voulait sa vulgate. Les couleurs des céramiques chutant des façades de la bibliothèque de Cergy formées au sol comme des cailloux venus d'ailleurs. Les échafaudages de sa restauration comme une antenne mystérieuse et le vide de l'espace ponctué d'hommes en bleu était le signe d'une fiction bien orchestrée mais maintenant dévoilée. Il avait soudain la sensation d'une extralucidité sur ce monde. Il percevait.



Derrière le buisson misérable, il regardait l'architecture de l'ESSEC. Il cherchait alors dans l'anagramme les définitions possibles, les signes d'un code secret. Il croyait que tout soudain était langage à décrypter. Il avait raison. Il suffisait de ce pas de côté, de ce regard à l'oblique pour briser l'évidence. Pourtant aucune image ne rendait compte encore de ce bouleversement. Aucune. Il devra les faire, il devra montrer à tous ce qu'il avait vu là.
Et...



...le bleu trop fort d'un ciel trop chaud, le blanc trop dur d'une arcade inventée le réveilla. La silhouette vert pomme d'une jeune fille au loin, lui rappelèrent sa vie, sa joie.
On rira de cette architecture, on l'aimera aussi parce qu'elle dit aussi son onirisme et qu'il faut lui reconnaître d'avoir inventé un lieu. Le jeune artiste alors, le corps collé contre la colonne de marbre blanc de Dani Karavan visera ce ciel. Il verra alors la surface du monolithe blanc comme un gigantesque terrain de jeu, une piste infinie sur un sol inconnu. Superstudio.
Plus aucune expérience architecturale ne sera ignorée. Plus aucune. C'était la promesse qu'il se faisait à lui-même en glissant dans l'ombre grasse du monolithe.
C'était à jamais son Axe Majeur.

dimanche 6 mai 2012

Charlety business


Ce que ne savent pas les éditeurs de cartes postales (du moins ce dont ils se moquent) c'est bien que l'objet visé par leurs éditions et leurs cartes postales peut permettre d'en voir d'autres souvent plus importants pour nous.
Dans l'image, dans le cadre, mais non en son centre, un détail nous fait sursauter et fait du rendez-vous avec l'image bien plus une rencontre fortuite et amicale comme de tomber sur un ami vu depuis longtemps au coin d'une rue inconnue.
Voici :
















Cette carte postale qui ne donne pas de nom d'éditeur mais seulement le nom de son photographe, Stéphane Renauld, veut nous montrer le Stade Charlety à Paris. N'ayant pour ma part aucune fascination pour le football, mais alors vraiment aucune, je pourrais bien me satisfaire de ce beau stade comme architecture. Il le mérite assez. Mais voyez-vous, ce n'est pas lui que je regarde. Je ne regarde pas plus le cimetière et l'étrangeté de l'urbanisme sur cette image découpée en trois zones : cimetière, stade, îlot d'immeubles...
Non, mon goût me porte dans le fouillis de la ville au fond de l'image. Je regarde ça...
















Je retrouve bien là la Fondation Avicenne, Maison de l'Iran de Monsieur Claude Parent son architecte.
Et j'avoue que la cité universitaire dans son ensemble devrait bien me satisfaire mais, que voulez-vous, je vise surtout ce bâtiment pour des raisons que vous connaissez bien.
Je vous laisse le plaisir de trouver à quel pays appartiennent ces Maisons. Pour vous aider, vous pouvez aller sur ce beau site.




mardi 24 avril 2012

Gaston Jaubert par Claude Parent

Les fidèles parmi les fidèles doivent se rappeler.
Une vigie, un port tout neuf, un béton expressif, une sculpture utile, bref un chef-d'œuvre de l'architecture française par Gaston Jaubert à Fos-sur-Mer...
Non ?
Vous ne vous rappelez pas... ah... alors :



Et là, cela vous dit quelque chose ?
Oui, je sais... Magnifique... Reprenez votre respiration... asseyez-vous... vous voulez un verre d'eau ?
Alors je vous offre un second choc avec cette autre carte postale :



Cette carte Combier nous donne bien toutes les informations : l'architecte est bien Mr Gaston Jaubert et nous sommes en 1974.
Ce point de vue, certes moins spectaculaire que le premier, nous permet d'admirer le reste du traitement du programme. Regardez la franchise du long bâtiment presque aveugle dont seulement une fente noire brise la monotonie. Regardez l'étalonnage des hauteurs, la gestion des vides entre les constructions, et l'utilisation des ombres comme seul motif... Perfection.
Pour compléter cette belle carte postale, je vous offre l'occasion de voir également quelques extraits du livre consacré à Gaston Jaubert et qui est une pure merveille éditoriale. Dans Gaston Jaubert, rythmes et volumes, la reproduction des clichés, la mise en page, servent le travail de l'architecte d'une manière remarquable et juste. Cela permet de découvrir ce travail peut-être un peu oublié aujourd'hui, du moins par un public moins averti comme moi. Et puis, comme ça, l'air de rien, Claude Parent avait en son temps, dans cet ouvrage écrit un article sur Gaston Jaubert.
Alors ne nous privons pas de cet écho entre les deux grands architectes. Bonne lecture.
(je sais, je sais, vous jalousez déjà ce livre...)

Gaston Jaubert, rythmes et volumes
éditeur inconnu
1976
Azur-Offset


cliquez pour lire :





couverture photo Tabourdeau-Bossut















 
Gaston Jaubert et sa vigie photo Marc Garanger



































habitat collectif économique, le plateau, Casablanca,  avec Paul Coldefy, photos Marc Lacroix




















terrasse 28, Paris 16ème, avec Novarina, photo Etienne Hubert





















résidence Guynemer, photo Tabourdeau-Bossut











immeubles pyramides, photos Tabourdeau-Bossut









mardi 17 avril 2012

à quatre feuilles

Je reviens comme promis sur une des architectures les plus étonnantes mais aussi les moins connues de notre paysage français et provincial : la Faculté des lettres de Reims Croix-Rouge par l'architecte Dubard de Gaillarbois.
C'est en se rendant en visite à cette faculté que Claude et moi avions découvert l'incroyable mais disparu centre commercial de La Rafale qui était un chef-d'œuvre français brutaliste.
Mais, subjugués par La Rafale, nous en avions sans doute oublié cette autre belle construction.
Voici donc à nouveau la carte postale :


et un détail :

L'édition Iris titre amphithéâtre du campus universitaire de la Croix-Rouge mais ne nomme pas l'architecte.
Ce qui fait la qualité de cette architecture c'est qu'elle sait faire de sa fonction son signe. La lisibilité des salles dans chacune des coquilles donne ainsi à l'ensemble à la fois une reconnaissance immédiate mais aussi une certaine, oui j'ose, forme de poésie. A la fois aveuglé et organique, ce trèfle à quatre feuilles sait rendre sa structure visible et d'une grande beauté plastique.
Sans doute que la faiblesse vient du contact avec le sol moins spectaculaire mais sans doute aussi que ce "socle" plus anonyme laisse toute la chance expressive aux coquilles en lamellé-collé.
Je trouve dans la revue Bois d'aujourd'hui de 1974, une publicité pour UHALDE-BERNIER S.A Engineering qui réalisa la structure. On trouve deux images superbes de l'amphithéâtre en construction.



Et voici ce que notre Guide d'architecture contemporaine en France de Monsieur Amouroux nous en dit :





Aujourd'hui la construction a reçu le Label Patrimoine du XXème siècle. Si vous allez à Reims voir la Cathédrale et acheter du Champagne, n'oubliez pas une visite à cette architecture !
Malheureusement ce trèfle à quatre feuilles n'a pas porté bonheur ni à La Rafale aujourd'hui détruite ni au centre commercial de Claude Parent à Reims Tinqueux aujourd'hui défiguré.
Espérons que cet amphithéâtre sera être protégé définitivement.
Je vous donne également quelques clichés pris par Claude au moment de notre visite :





dimanche 15 avril 2012

les 400...

Merci !
Merci à ces 400 premiers signataires de la pétition pour la sauvegarde du centre Thomson-Houston par Messieurs Claude Parent et Paul Virilio, architectes.
Faites tourner l'information encore, rien n'est perdu !
La D.R.A.C Île-de-France est maintenant au courant et informée.
La Mairie de Vélizy-Villacoublay également.
Nous verrons où se situe l'action, le désir de préserver ce patrimoine qui appartient à tous.
Dès demain, je me remets au travail.
Toute action que vous croyez juste est la bienvenue. Ecrivez au Maire Monsieur Loison, écrivez à son adjoint à l'urbanisme, téléphonez, allez sur place, faites des articles sur les réseaux sociaux, envoyez des mails à vos amis...
Merci à tous.

jeudi 12 avril 2012

URGENCE ABSOLUE à Vélizy-Villacoublay



Des menaces terribles planent au-dessus d'une des œuvres majeures de Claude Parent et Paul Virilio à Vélizy-Villacoublay.
L'usine et le centre de recherche de Thomson-Houston aujourd'hui Thales sont menacés de destruction et des panneaux annoncent déjà sa chute.
Comment une mairie peut-elle laisser un tel ordre de destruction se réaliser sur une œuvre pourtant importante de ce duo d'architectes alors même que leurs travaux et particulièrement ceux de Monsieur Parent connaissent aujourd'hui une politique de classement, une reconnaissance nationale et internationale ?
Les institutions du Patrimoines (D.R.A.C Île-de-France), les associations de défense de l'architecture moderne et contemporaine, les amateurs d'architecture, les architectes, toutes les énergies doivent se mettre au service de la protection du centre de Recherche Thomson-Houston de Vélizy-Villacoublay.
C'est une URGENCE ABSOLUE !

Signez cette pétition ! (c'est gratuit et indolore !)



Je sais que vous êtes tous, lectrices et lecteurs de ce blog, des passionnés de cette architecture. Passez un bon week-end en ayant fait une bonne action !
MERCI ! Je compte sur vous !

Vive l'architecture moderne ! Vive le Brutalisme !

Les photographies ci-dessous sont tirées du catalogue de l'exposition "Claude Parent, l'œuvre construite, l'œuvre graphique" Cité de l'Architecture et du Patrimoine 2010 HYX éditeur et sont de Pierre Berrenger.


Pierre Berrenger, Photographe.



Pierre Berrenger, photographe.



Pierre Berrenger, photographe.

dimanche 8 avril 2012

Architecture de lumière : une revue magnifique

Et si nous parlions un peu d'une revue d'architecture hélas aujourd'hui disparue ?
Il s'agit de la superbe revue Architecture de Lumière.
Par bonheur je possède quelques numéros de cette merveille éditoriale. Tout ce que nous aimons sur ce blog y est parfaitement représenté !
Le choix des constructions, le choix des photographes, les mises en page font un objet imprimé d'un luxe inouï et quasiment œuvre de livres d'artistes.
Pour vous faire un peu baver, (c'est ma méchanceté !) je vous donne quelques-unes des extraordinaires couvertures. La sobriété est ici... à son apogée !






Alors ?
Certes Architecture de Lumière n'est pas une revue d'analyse et de torture critique. Elle donne à voir avec beauté et finesse les architectures qu'elle défend. C'est sa ligne éditoriale : une esthétique au service des architectures, faire de l'espace de la revue un espace d'accueil de l'art des architectes. Les bâtiments sont décrits au plus juste, parfois par les architectes eux-mêmes.
Les doigts se posent sur les images et on se prend les constructions en pleine figure. C'est magnifique. Et comme il n'y a pas de hasard, un article de plusieurs pages rend compte de la construction du centre Thomson-Houston par Messieurs Parent et Virilio.
Photographies de Monsieur Bérenger:






Seul défaut à ce monument éditorial : sa fragilité. Surtout du point de vue de la reliure qui ne permet pas (ou au risque d'une brisure nette) l'ouverture complète du magazine.
Le comité de rédaction de Architecture de Lumière était composé de Messieurs F. Moreau de Balasy, A. Boulard comme rédacteur en chef, J. Sauvegrain secrétaire de rédaction, S.A. Nicolaïdis pour la fabrication.
Le comité de Rédaction : Messieurs G. Bras, M. Bedetti, J-P. Etiévant, B. Galey, B. Manhes, E. Maymil, R. Morel, Y. Tallec, E. Vinot et Madame M. Riand. La revue est une publication sous le patronage de la Compagnie de Saint-Gobain. Mes revues sont datées de 1966 à 1967 à raison de trois numéros par an... Il m'en manque !
Voici d'autres beaux moments... attention les yeux !
Un article sur Marcel Lods et ses belles constructions des Hauts de Rouen aujourd'hui menacées :




Un article sur le centre nautique d'Aubervilliers que nous avions découvert ici :




Un article de Claudius-Petit (!) sur Chandigarh par le Corbusier, les photographies sont de Claudius-Petit :






Un article sur la Villa d'Antibes par André Bloc et Claude Parent, les photographies sont de Monsieur Gilles Ehrmann :



Si des vieux numéros traînent dans votre sous-sol... je suis preneur !